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Le poste en zone rebelle – Haute Région

Texte extrait d’un document , rédigé par le Lieutenant GAZIN, Cdt d’unité de la 4è Cie du 1er RCP (d’octobre1946 à juillet 1948) et destiné à des jeunes chefs Paras débarquant en Indochine. Ce document a été tiré à 4 exemplaires.

a/ Comment il se présente

En zone insoumise, le poste est presque toujours situé sur un point dominantla région. Il couronnegénéralement le sommet d’un piton.

Compte tenu de la faiblessedes effectifs, il importe que sa défense soit facile et puisseêtre réalisée à moindre frais en hommes.

Le poste en triangle semble être le plus économique. Il est toujoursprotégé par des défenses accessoires etdespièges. Le postes de la RCM (?) -Langson, Cao Bang peuvent être donnés en modèle.

b/ Missions

  • Surveiller un itinéraire
  • Rayonner dans lalimite de ses moyens
  • Rallier des populations

c / La défense du poste

La défense purement statique est vouée tôt ou tard à l’échec. La petite garnison du poste devra toujours se montrer très active, rayonner de jour.

Les patrouilles

Toute patrouille, même si elle ne comprends que six hommes doit être divisée en deux éléments.

La patrouille peu étoffée progresse en tout terrain ou par les crêtes.

Comment placer un poste de surveillance ou une petite embuscade ?

Exemple : pour placer avant la nuit 8 hommes en embuscade, partir à 30 si possible à la tombée de la nuit, faire du « volume » et « semer » discrétement les hommes chargés du travail. Les autre reviennent une fois la nuit tombée.

Organisation de la défense d’un poste

Un poste solidement installé et dont la garnison est active ne sera jamais sérieusement inquiété.

  • Dès la mise en place établir un plan de feux comme le prescrit notre règlement
  • Aménager des emplacements de combat entérrés et paradossés
  • Compartimenter l’intérieur du poste à l’aide de murettes pare-éclats.
  • les créneaux seront disposés au ras du sol et à 1,30 m.
  • Chaque petit groupe aura dans son secteur de combat une niche qui sera la réserve demunitions du groupe
  • Couvrir les emplacements de repos ( protection contre les mortiers et les grenades).
  • Guet permanent de jour comme de nuit

Les défenses accessoires

Elles prennent ici une importance capitale. Ce sont elles qui tiendront l’ennemi à distance, briseront son élan, interdisant le lancer efficace des grenades, fusées de rocket.

Le treillage serré, haut de 3 mètres en bambous coupés dans le sens de la longueur, est une barrière très efficace. Cette haie en bambou sera placée à 40 ou 50 mètres tout autour du poste (ménager seulement deux ou trois portes semblables aux portes extérieures des villages annamites).

Entre la murette ou les emplacements de combat et la barrière de bambous, condamner le terrain : c’est la zone interdite (petits piquets, morceaux de verre, barbelés, épineux, boites vide, grenades piégées et mêmes charges explosives commandées à distance).

Avoir à sa disposition des fusées éclairantes qui seront utilisées à bon escient. Si vous n’en avez pas, faites des brûleaux de confection facile (par exemple : une boite de « Pacific » remplie de paille imbibée d’essence et clouée à un manche de bambou de 50 cm).

Concernant le piégeage :

  • Seuls 2 ou 3 gradés qualifiés par poste seront autorisés à manipuler mines et pièges
  • Chaque gradé est responsable du secteur qu’il a miné
  • Il établira un plan de minage qu’il passera éventuellement à son successeur
  • Les hommes du poste en seront informés.

Piéger est un travail minutieux. Le Viet Minh est méfiant. Il a des mains de « sage-femme » et a suivi une instruction sérieuse. Il est recommandé de remplacer le fil piège par une petite branche ou du bambou. L’opération de minage sera faite à l’abri des indiscrets, pur cela, il faut pendant l’opération :