Opération Léa (9 au 18 octobre 1947pour le 1/1 RCP)

Aperçu politique et militaire : le réduit Viet début octobre 1947

Source : JMO DBMP octobre 1947

La Haute-Région a été choisie par les chefs rebelles comme le réduit de leur résistance militaire et de leur activité politique. Le Tonkin septentrional renferme les organes gouvernementaux et les organes de commandement militaire, les dépôts et les ateliers de fabrication d’armes et de munitions les plus importants ; les meilleures troupes réservées y ont été concentrées.

Au cœur de cette région se trouve Bac Kan communément appelée la « capitale politique du Viet-Minh ». Les organismes, les personnages, les dépôts d’armes et de munitions y sont nombreux.

Le réduit est traversé par une artère vitale, la route coloniale n°3 (RC3) que le Viet-Minh (VM) s’est bien gardé de détruire. En bordure de cette route se trouvent les fabriques et les dépôts les plus importants du Haut-Tonkin.

Dans la Haute et la Moyenne Région, sont stationnés au début d’octobre 1947 :

Les organes gouvernementaux

  • Le gouvernement VM avec Ho Chi Minh et Vo N’Guyen Giap,
  • Le Tong Bo VM, émanation directe du parti communiste indochinois qui dirige en fait la politique rebelle,
  • Les organisations administratives et économiques,
  • Un certain nombre de comités administratifs du delta.

Les organes de commandement militaire (qui étendent leur autorité sur toute l’Indochine)

  • Le chef suprême des forces armées rebelles Vo N’Guyen Giap, organisateur et animateur de toute l’activité militaire depuis 1945,
  • Le ministre de la Défense Nationale,
  • Le ministre des DAN-QUAN (formations paramilitaires),
  • L’état-major général à la tête duquel se trouve Huong VanThaï,
  • Le général Thiet Hung chargé du commandement des troupes d’Indochine du Nord,

Les troupes 

  • le Haut Tonkin renferme de 30 à 35 000 hommes de troupe de l’armée régulière et constitue la Xe zone de guerre VM.
  • L’organisation de l’armée VM et basé sur le principe territorial. Il y a donc dans le « réduit » de nombreux Thos. Ce sont des guerriers issus de la seule race minoritaire qui ait trouvé quelque entente avec le VM et qui ont fait leur preuve de guérilleros en 1945.
  • 70% de l’effectif est armé de façon moderne et légère (armes automatiques et armes individuelles de toutes origines – française, russe, américains, japonaise, chinoise et anglaise). On compte dans le réduit quelques canons de campagne ains que des mitrailleuses lourdes.
  • L’armée VM souffre du manque d’encadrement et surtout du manque d’approvisionnement en médicament
  • A l’armée régulière VM viennent s’ajouter des contingents japonais, des troupes chinoises (nationalistes, des bandes irrégulières et bandes communistes)

Ordre d’opération de la DBMP

I.                    Situation

A.                 Situation générale

1.   Situation ennemie (voir annexe)

2 Situation amie

Le Général commandant les TFIN décide de déclencher un ensemble d’opérations combinées visant à disloquer l’appareil gouvernemental et militaire Viet- Minh (VM) et d’étendre le plus possible en surface et en profondeur notre contrôle sur les populations du Tonkin par une action de pacification poussée en fonctions des succès à attendre de notre action militaire.

L’opération Léa a pour but :

  • Couper la principale route de ravitaillement reliant le VM à la Chine
  • Disloquer le réduit national VM identifié dans la région de Bac Kan, Chien Hoa, Tuyen Quang et Thaï N’Guyen

Elle comprend 2 phases :

a)                 Investissement rapide et simultané de toutes les forces du réduit et concentration d’une force puissante et mobile dans la partie la plus importante du réduit (zone de Bac Kan, Cho Chu, Cho Don) pour entreprendre le nettoyage du réduit.

b)                 Nettoyage du réduit

A cet effet, il est constitué 3 groupements ayant pour mission :

Groupement Beaufre : Ouverture de la route Lang Son – Cao Bang pour tendre la main au groupement parachuté.

Groupement Sauvagnac : (largué sur Route Coloniale n°3 et RC 3 bis) S’emparer des points importants de Bac Kan – Cho Moï – Cho Don, les relier entre eux et empêcher la destruction des ouvrages d’art.

Groupement Communal : Débarqué dans la région de Tuyen Quang, s’emparer de Chien Hoa et fermer les faces Ouest et Nord-Ouest du réduit

B.                 Situation particulière DBMP

La DBMP sera entièrement engagée dans l’opération Léa comme force aéroportée. Elle est articulée en 2 détachements :

Le groupement Sauvagnac comprenant :

  • L’état-major de la DBMP et des éléments de la CCR (Compagnie de commandement régimentaire)
  • Une section de génie
  • Le III/1 RCP
  • Le I/1 Choc

Le détachement de Vismes (pour mémoire)

  • Le I/1 RCP (moins une compagnie et renforcé d’un groupe de mortiers de 81mm) qui reste en réserve des TFIN

Le I/1 RCP est aux ordres du colonel Beaufre dès son arrivée à terre. Seule la partie technique parachutiste sera traitée par le colonel commandant la DBMP

II.                  Mission

Le groupe aéroporté a pour mission :

  • de s’emparer de Bac Kan et Cho Moï sur la RC3 et de Cho Don sur la RC3 bis, de jeter le désarroi dans la zone du réduit et de relier ces points entre eux en s’efforçant d’empêcher la destruction des ouvrages d’art,
  • de commencer le nettoyage de la zone de Cho Don et de tendre la main aux éléments venant de Chien Hoa par la vallée de la Ban Tai,
  • de se porter à la rencontre du groupement Beaufre en direction du col de Mi Ti,
  • de s’emparer de Cho Chu.

III.                Exécution

A.                 Intention du commandant du groupement aéroporté

Exploiter à fond la qualité des aéroportés :

  1. Afin de bénéficier au maximum de l’effet de surprise, procéder par largages simultanés sur les centres indiqués, réaliser dans la mesure du possible l’encerclement vertical des objectifs à nettoyer de façon à empêcher la fuite des éléments VM et l’exode de la population.
  2. La réduction de ces objectifs principaux étant réalisée (avec l’appui puissant de la chasse), assurer la liaison entre eux tout en procédant à la destruction des éléments VM connus.
  3. Sur chaque centre, il sera constitué un réduit où s’accrochera la défense en de retour offensif de l’ennemi qui semble disposer de moyens puissants dans cette région
  4. L’action politique sera menée parallèlement aux opérations militaires. (illisible) Faire la guerre au Viet-Minh et non au Vietnam.
  5. Des pistes pour Morane seront construites chaque fois que cela sera possible

B.                 Articulation

Pour plus de commodité, les objectifs seront appelés :

  • O1 : Cho Don,
  • O2 :Bac Kan,
  • O3 : Cho Moï,
  • O4 : Cao Bang (pour mémoire),

Les largages s’effectueront dans l’ordre suivant : J : O2 et O3, J+1 :O1

Le groupement sera articulé en 3 détachements correspondant au 3 objectifs :

  • Détachement « A » sur O2 : Bataillon de Choc (800 hommes), section du génie et PC de la DBMP( 100 hommes)
  • Détachement « B » sur O3 : la moitié du III/1 RCP
  • Détachement « C » sur O1 : l’autre moitié du III/RCP et le PC de ce bataillon.

C.                 Répartition des missions

1.                  Détachement « A » aux ordres du Colonel Sauvagnac :

Largué sur 3 zones de saut,

  • Assurer dans un premier temps l’investissement de l’objectif et l’occupation du pont
  • Dans un deuxième temps tenter d’occuper l’objectif principal (Citadelle) par surprise. Sinon, opérer par débordement selon les conditions du moment. Nettoyer l’objectif et les centres voisins.
  • S’emparer du terrain d’aviation et le remettre en état

2.                  Détachement « B » aux ordres du Capitaine GUIARD

Il sera composé de 2 compagnies de fusiliers voltigeurs, d’un groupe de mortiers de 81 mm et d’un PC réduit du III/1 RCP

  • Largué en 2 détachements (un au nord, l’autre au sud de Cho Moï), réaliser dans un premier temps, l’investissement de l’objectif, puis, dans un deuxième temps s’emparer de Cho Moï et procéder à son nettoyage. Interdire aux forces rebelles tout mouvement vers le Nord et L’Ouest.
  • S’installer solidement dans cette agglomération de manière à n’immobiliser pour la garde qu’un minimum d’effectif
  • S’éclairer en particulier en direction de Bac Kan et en direction de Cho Chu (liaison avec le détachement « A » à J+2)
  • Procéder au nettoyage des objectifs VM de la région en opérant sur renseignements
  • Opération sur Cho Chu en fonction des résultats obtenus et de la situation à partir de J+6

3.                  Détachement « C » aux ordres du Commandant Fossey-François

Il sera composé de 2 compagnies de fusiliers voltigeurs, d’un demi-PC de Bataillon, des éléments de la CB3.

  • Largué à J+1 à Cho Don, exploiter à fond l’effet de surprise, s’emparer de ce carrefour de pistes et procéder au nettoyage des dix objectifs
  • Y installer un poste solide capable de tenir seul plusieurs jours
  • Rayonner autour de ce carrefour. S’éclairer dans toutes les directions, en particulier vers l’Ouest (chemin de Da….) et vers le Sud (route de Bac Kan et chemin de Cho Chu). Détruire sur renseignements les objectifs VM.
  • Liaison avec le détachement « A » à J+2 au carrefour de la route de Bac Kan et du chemin de Cho Chu (8 km Sud Est de Cho Don)
  • Enfin, sur ordre ultérieur, ne laisser qu’une garnison réduite à Cho Don, pousser en direction de Daï Thi à la rencontre du groupement Communal.

D.                 PC

  • DBMP : Bac Kan (Douane ) Résidence
  • Choc : initialement Bac Kan, ensuite suivant  le déroulement des opérations
  • III/1 RCP : initialement Cho Don, ensuite sur l’itinéraire Cho Don Daï Thi
  • Détachement « B » : Cho Moï

III.               Appui aérien

Pendant la 1ère phase des opérations ( largage, regroupement, attaque, nettoyage de objectifs) les détachements disposeront des moyens aériens suivants :

A. Reconnaissance

Catalina qui en plus de sa mission d’observation servira :

De relai de transmissions avec Hanoï

De PC chasse avancé. Les chefs de détachement correspondront directement avec le Catalina par G94.

B. Chasse

Les opérations de la chasse viseront à la neutralisation des résistances adverses déjà repérées, à la protection du largage et du regroupement des unités et, enfin, à l’appui direct des éléments parachutistes durant leur progression. La liaison avec la chasse se fera :

  • Par l’intermédiaire du Catalina
  • Par panneaux (code parachutiste)

IV.               Transmissions

Le chiffre ne sera employé que pour les communications avec les TFIN. Entre les unités des groupements et entre les groupements, il sera fait usage d’un vocabulaire conventionnel.

V.               Service de santé

Chaque bataillon disposera de ses moyens propres. Le médecin-Capitaine Collodin est les infirmiers de la CCR feront partie du détachement « B ». Une antenne chirurgicale parachutiste sera larguée avec le détachement « A » et fonctionnera à Bac Kan, en principe à l’hôpital. Les évacuations se feront dans toute la mesure du possible sur Bac Kan. Les urgences seront évacuées sur Lang Son dès que le terrain d’aviation de Bac Kan sera remis en état. Dès que la jonction aura été réalisé avec le groupement Beaufre, chaque détachement disposera d’une sanitaire.

VI.               Ravitaillements

Effectués par voie aérienne pendant les 15 premiers jours (minimum), les vivres et les munitions seront lotis dans le réduit de la défense de façon à ne pas tomber aux mains des rebelles en cas de retour offensif et sérieux de ses derniers. Ce regroupement de matériel prime les opérations de nettoyage qui seront retardées d’autant.

Le ramassage des parachutes viendra en deuxième urgence. L’exploitation des ressources sera assurée par les officiers d’approvisionnement des détachements afin d’éviter d’une part le gaspillage et d’autre part le pillage (des instructions seront données aux chefs de détachement à ce sujet)

Le Lieutenant-Colonel Sauvagnac, Cdt la DBMP


7 Octobre 1947

Raid aéroporté sur Bac Kan

Source : JMO de la DBMP

Détachement « A » aux ordres du Lieutenant-Colonel Sauvagnac

Bataillon de Choc (800 hommes), section du génie et PC de la DBMP( 100 hommes)

  • Le parachutage s’effectue dans l’ordre suivant :
  • Les 2 premiers avions se dirigent vers la zone de saut N° 2. Mission : s’emparer du pont
  • Le 3ième avion est destiné à la zone de saut n°3. Mission : établir un bouchon au sud de Bac Kan sur la route de Thaï N’Guyen.
  • Les 16 autres avions sont divisés en 3 sections (une section de 6 JU52 et 2 sections de 5 Dakotas). Les 2ème et 3ème section arriveront sur la zone de saut N°1 avec un décalage de 5 minutes afin de permettre à la précédente de faire ses deux passages.

La 1ère vague (19 avions) est larguée à partir de 08h15. Le largage s’effectue normalement sur les zones de saut prévues, après un « bombing » et un « straffing » préalable de la chasse. Les zones de saut sont courtes et étroites, coupées et bordées de massifs abruptes et boisés et semées de piquets anti-parachutistes.

Dès leur sortie de l’avion, les parachutistes sont accueillis par de nombreux coups de feu, venant des bordures de la zone de saut. Un bataillon Viet-Minh (VM), terré dans ses emplacements de combat les attend. L’arrivée au sol est brutale pour certain, humide pour beaucoup. Malgré les difficultés liées au terrain et l’action des rebelles, le regroupement s’effectue rapidement. Cependant, quelques tireurs VM tentent de s’attaquer aux hommes avant que ceux-ci puissent faire usage de leurs armes. Le Sergent ARGUSSOL de la 1ère Compagnie du Bataillon de Choc est blessé. Quelques hommes sont touchés. Chaque groupe de combat connait sa mission et fonce sur son objectif, sans perdre un instant. Le regroupement complet se fera sur l’objectif. Le PC du bataillon est installé dans une paillote, ainsi que le poste de secours. Les blessés y sont transportés. Déjà le « 284 est installé et prend liaison avec le Catalina qui sert de PC à la chasse.

Un commandant de compagnie VM est tué à quelques centaines de mètres de là, alors qu’il montait à cheval sur la route de Cho Don.

A 08h45, la section GRENET occupe le pont enjambant le Song Cau au Nord de la ville. Le nettoyage des zones de saut et de leurs abords se poursuit, tandis que 2 compagnies attaquent la ville. La débandade Viet-Minh est générale, les fuyards tirent sur nous des coups de feu mal ajustés.

Des obus de mortier sont tirés sur les croupes boisées au Nord de la zone de saut d’où partent les coups de feu.

A 9h30, la 1ère compagnie a pris possession du poste TSF, de l’hôpital et de la Résidence. L’usine électrique est occupée. De nombreux éléments VM parviennent à franchir le SongCau à gué entre la 1ère et la 3ème compagnie

A 9h45 : léger accrochage de la 4ème Compagnie au Tribunal.

Le plan de défense de la ville de Bac Kan révèle que le VM avait prévu le largage massif de parachutistes sur le terrain d’aviation et les régions environnantes : toutes leurs armes automatiques sont axées dans cette direction. Leur repli est prévu par les collines au Sud-Ouest de la ville. Les zones de saut choisies ont permis de prendre à revers le dispositif de défense adverse. D’autre part, l’itinéraire de repli a été immédiatement coupé par la zone de saut n° 1. La population, les services administratifs, les documents et une bonne partie du matériel n’ont pu être évacués et la destruction de la ville par le VM n’a pas pu avoir lieu.

A 10h45 : arrivée des éléments de la2ème vague sur la zone de saut n°1 (15 avions) et sur la zone de saut n°2 (4 avions. Des coups de feu les accueillent encore des parachutistes sur la zone de saut n°1. Nous avons un tué – le Caporal-Chef Fleury – et deux blessés durant la descente.

A 10h50, le largage de la 3ème compagnie sur la DZ Nord et effectué. Cette compagnie déplore la disparition du Sergent Brillou et du Chasseur Coffornil qui ont été largué par erreur au moment du « Debout – accrochez », 5 minutes avant la DZ, avec une gaine contenant un mortier de 60mm et 2 gaines d’obus.

A 11h00, la 3ème compagnie s’est regroupée, pendant que la 4èmee compagnie atteint la maison de Phu.

A 11h10, la section Tanguy pousse vers une maison dominant le terrain d’aviation. Elle doit pour s’y installer déloger un groupe de réguliers VM.

A 12h00, la2ème compagnie s’installe à l’hôpital. La section qui avait atterri en partie au nord de la citadelle essuie des coups de feu.

Des parachutistes isolés ont été pris à partie par la population à coups de poignard, et même àcoups de bambou. Plus de 200VMsont abattus, alors que la conquête de la ville se poursuit.

A 12h15, des éléments de la 4ème compagnie prennent liaison avec le groupe Hentic qui était installé en bouchon à la sortie sud de la ville

A 13h15, le PC de la DBMP est déjà en place à la résidence. Toute la ville est entre nos mains, y compris la Citadelle.

 Le terrain d’aviation situé au Nord Est du pont est nettoyé, une école de cadres VM, installée en bordure est mise en déroute, professeurs et élèves s’enfuient vers le Nord.

La section larguée au Sud de Bac Kan remplit parfaitement sa mission t arrête plusieurs personnalités VM qui tentaient de s’enfuir.

Grace à la rapidité de l’opération, la destruction de la ville a été évitée. La centrale électrique et la poste sont entre nos mains (la liaison téléphonique est même conservée jusqu’au soir avec Cao Bang encore occupée par les rebelles)

Un renseignement important fourni par un indigène signale que le poste émetteur « La voix du Vietnam » a été déménagé quelques jours plus tôt et se trouve actuellement installé à 3 km de Bac Kan, dans des paillotes en bordure de la route de Cho Don. Un détachement y est immédiatement envoyé et découvre effectivement le poste.

Un important dépôt est également signalé sur la route de Cho don, à 3 km de Bac Kan. Le Lieutenant Cathalade y est envoyé avec 2 sections.

A 15h00, le but de l’opération est atteint, journée de deuil pour l’armée VM qui a perdu en quelques heures, 260 tués dénombrés, 115 blessés et 84 suspects arrêtés. Une usine de tissu, une usine d’armement, des groupes électrogènes, du matériel radio, des moteurs, 2000 grenades, des obus de 25 mm, 160 rouleaux de cordon détonant, 260kg de plastic, des milliers de cartouches, des produits pharmaceutiques, 10 litre de mercure et 400tonnes de munitions diverses.

Armement récupéré au combat : 234 fusils, 10 pistolets, 3 mitrailleuses, 2 lance-grenades, 1 mortier de 60, 21 poignards et quelques centaines de grenades.

De notre côté nous déplorons :

  • 2 parachutistes et 1 partisan disparus
  • 1 tué et 4 blessés
  • 5 blessés à l’atterrissage.

Depuis 16 h00, l’antenne chirurgicale, installée à l’hôpital, opère son premier blessé.

Calque provenant du JMO de la DBMP ( photo 1er RCP)

Ordre de Bataille du PC de la DBMP

Ordre de Bataille du 1er Choc pour l’opération Léa


Raid aéroporté sur Cho Moï

Détachement « B  » aux ordres du Capitaine GUIARD

(10ème et 11ème compagnies du III/1er RCP avec un PC réduit soit 230 hommes)

Fanion du détachement B à Cho Moï

10h30 : Le détachement est embarqué sur GMC pour rejoindre l’aérodrome de Giam Lam où il arrive au moment où atterrissent les Dakotas de retour de Bac Kan. Le détachement dispose de 3 JU 52 qui partiront en tête et de 10 dakotas en 2 vagues.

Ordre de départ : 10ème compagnie, 11ème compagnie, PC du détachement

14h12 : Le premier JU (Lieutenant VAILLY) décolle en direction de Cho Moï, gros bourg situé au confluent de deux vallées importantes (Vallée du Song Cau et vallée du Song Cho Chu) et point obligé de passage vers Thaï N’Guyen distant de 40km de Bac Kan.

14h52 : Les premiers éléments de la 10ème compagnie sautent. Ils sont accueillis par des coups de feu partant des montagnes environnantes. Les défenseurs de la ville s’enfuient protégeant leur retraite par des tirs mal ajusté.

15h15 : Le largage est terminé, le temps est magnifique, le vent nul. La zone de saut très coupée est cependant bonne. Un seul accident : Le chasseur ROMAH (ou ROMAN) de la 10ème compagnie (fracture au pied) Le Père Jego est suspendu à un très grand arbre d’où il descend à grand peine. La 10ème compagnie, rapidement regroupée fonce sur la petite ville et l’occupe. Le chasseur CARETTE est blessé par balle au bras.

Deux sections de la 11ème compagnie sont envoyées en reconnaissance au pont situé à 1 km à l’Ouest de Cho Moï : l’ouvrage est intact. La section Bertrand s’y installe (déminage du pont).

16h45 : le Capitaine GUIARD, commandant le détachement, installe son PC dans le bâtiment du comité de résistance local. Les Viet- Minh (VM) alertés le matin par le parachutage de Bac Kan ont eu le temps de déménager les archives. Le nettoyage de l’objectif est terminé. Le Sergent WOLFF de la 11ème compagnie est porté disparu.

Matériel récupéré :

  • 43 fusils d’un modèle ancien ,
  • 1000 grenades.

Une intendance VM (habillement) a été découverte ainsi que des ateliers de réparation auto non détruits.

La population civile a été rassemblée sous les halles du marché.

Les VM tiennent encore les hauteurs environnantes et nos déplacements sont sanctionnés par des coups de feu tirés. Il faudra 2 jours pour les déloger de leurs repères montagneux


Ordre de Bataille du Détachement « B »


8 octobre 1947

Raid aéroporté sur Cho Don

Source : JMO de la DBMP

Détachement « C » aux ordres du Chef de Bataillon FOSSEY-FRANCOIS

( CB3, 9ème et 12ème compagnies du 3ème Bataillon du 1er RCP)

L’opération sur Cho Don est prévue pour le 8 octobre. Par suite de la transmission de faux messages par le radio du Catalina, qui annonce à Hanoï que la garnison de Bac Kan, attaquée par les Viets se trouve dans une situation désespérée, le général commandant les TFIN décide de dérouter le détachement « C » et de l’envoyer en renfort à Bac Kan.

10h00 : Le contre-ordre arrive au détachement « C » alors qu’il est déjà prêt à embarqué : le détachement « C » sautera sur Bac Kan.

10h40 : Les avions décollent.

11h40 : Les avions survolent Bac Kan : le secteur semble calme, absence de fumée, aucun signe ne dénote un combat acharné au sol

11h45 : Largage avec un vent assez fort. Les parachutistes tombent sur les toits des maisons, dans les arbres. Malgré ces contacts brutaux, les bosses et les écorchures ne sont pas nombreuses.

A l’arrivée au sol, chacun porte la main au Colt, au fusil, à la mitraillette et inspecte avec prudence les abords immédiats. Mais que se passe-t-il ? Pour être exact, il ne se passe rien…. Mystère…

Quelques instants plus tard, le mystère est éclairci. En fait un faux message lancé par une radio Viet a fait croire que Bac Kan se trouvait dans une situation critique. Le Haut-Commandement s’en est ému et a envoyé le détachement « C » en renfort.

Toute la CB du détachement, soit 70 hommes a sauté. Le Lieutenant-Colonel Sauvagnac donne des ordres pour que le largage soit immédiatement interrompu. Une croix est placée sur la zone de saut. Les avions continuent à tourner et le commandant du groupe de transport parachute l’Adjudant EVERRARD porteur d’un code indiquant la destination a donner aux avions car la liaison radio n’est pas encore réalisée. L’entente peut se faire, quelques minutes plus tard, les avions restant partent pour Cho Don, objectif initial.

13h00 : Le détachement FOSSEY est largué. La résistance des rebelles est très courte et tous les objectifs sont rapidement atteints.


Ordre de Bataille du détachement  » C »


BAC KAN

A 17h00, on apprend à Bac Kan, par le Catalina, que tout se bien à Cho Don.

La liaison radio est établie avec le Groupement BEAUFRE qui signale son arrivée au Song Ky Cong de That Khe entre Na CHAN et That Khe. IL espère être à Cao Bang le 10 octobre.

Le nettoyage et la fouille de Bac Kan et de ses abords se poursuit dans la journée. On découvre :

  • une fabrique d’armement à 2 km à l’Ouest de Bac Kan (fusils, munitions, dynamos, 1 groupe électrogène, 1véhicule léger),
  • une fabrique de grenades,
  • un dépôt de produits pharmaceutiques,
  • 11 futs de 200 litres d’essence.

Cho Moï

Toute la journée, des tireurs isolés, cachés dans les montagnes prennent à partie tous les mouvements amis dans la ville même.

Un groupe renforcé de la 11ème Compagnie avec l’Aspirant BILLAERT passe sur la rive Est du Song Cau pour rechercher le Sergent Wolf porté disparu la veille. Aussitôt le gué passé, la patrouille est prise sous le feu d’une arme automatique. Le Chasseur CRUSEH est tué, la patrouille doit se retirer protégée par un tir de mortier de 60mm.

Une section de la 10ème Compagnie (Adjudant-Chef Mathieu) est envoyée en reconnaissance sur la RC3 vers le Nord, pour préparer la mission d’ouverture de la route de Bac Kan qui doit avoir lieu le lendemain avec un détachement du 1er Bataillon de Choc.

Un sérieux accrochage se produit sans perte de notre côté. Au moins une arme automatique est décelée dans le village de Ban Thin ; des tireurs isolés harcèlent la section. Celle-ci rentre à 11h30 sans avoir pu pousser au-delà de 1,5 km. Cho Moï est nettement encerclé par les rebelles.

Dans l’après-midi, largage de matériel par 5 Dakotas, résultats mauvais, les dakotas qui sont ajustés par le VM repliés dans les montagnes larguent de trop haut.

9 Octobre 1947

Raid aéroporté sur Cao Bang

Source : JMO de la DBMP

Groupement « de Vismes » aux ordres du Chef de Bataillon de Vismes

1er Bataillon du 1er RCP (CB1, 1ère, 2ème et 3ème compagnies pour un total de 369  hommes)

Mission du 1/1er RCP :

  • Prendre les ponts Est et Ouest de Cao Bang, de l’usine électrique, nettoyer et occuper Cao Bang,
  • Dans un deuxième temps, pousser des détachements vers les carrefours des routes RC4 et 138 et RC4 et RC 3 bis.

Déroulement des opérations

04h30 : Réveil.

06h00 : 18 camions GMC enlèvent le Bataillon qui franchit le fleuve Rouge au moment où le soleil se lève. Sur l’aérodrome de Giam Lam, chaque camion va se placer devant son avion, reconnu et numéroté.

10h00 : Embarquement dans les avions ; le Père Mulson donne les dernières bénédictions, puis c’est l’envol dans le vrombissement ahurissant des moteurs. Un tour, deux tours puis direction Cao Bang.

Le pays est magnifique : des montagnes, des vallées, d’immenses ou de minuscules cuvettes de verdure, de larges rivières capricieuses. Tout cela est très beau, mais les trous d’air nous rappellent les digestions difficiles…

Plusieurs coups brefs de timbre électrique. Enfin : Debout ! Accrochez ! Cao Bang s’étire au soleil dans la boucle du Song Hiem et du Song Bang Giang. Le mécanicien a pour nous des regards d’admiration sincère.

11h35 : Une sonnerie qui n’en finit pas et c’est le trou. Enfin le pépin s’ouvre et un grand choc. Bonjour Cao Bang !

Le largage a commencé sur les deux zones de saut (ZS), une au sud de Cao Bang, l’autre à l’Ouest. La 1ère Compagnie est sur la ZS Sud ; la CB1, les 2èmeCompagnie et 3è compagnies sur la ZS Ouest.

Le largage s’est fait dans de très mauvaises conditions, l’avion guide ayant été abattu par une mitrailleuse ennemie. Le groupe de 5 dakotas en particulier se trompe de début de largage (ZS Ouest). 30 parachutistes et plusieurs gaines tombent dans la rivière. La nature très accidentée du terrain gène la récupération du matériel et le regroupement du personnel.

12h15 : prise des côtes 253 et 263. Le piton 263 est pris d’assaut et une mitrailleuse Hotchkiss y est récupérée.

12h30 : Prise du pont Ouest (intact).

13h00 : Prise de la Citadelle et de l’usine électrique (intacts). Le pont Est est pris malgré le tir de 2 mitrailleuses placées sur les côtes 255 et 276.

13h35 : Jonction de la 3ème et de la 1ère compagnies sur le pont Est.

13h30 à 15h00 : nettoyage des résistances à l’Est de la ville et nettoyage de la ville.

15h15 : Largage de 2 sections (2ème Compagnie et CB1) n’ayant pu être transporté avec la 2ème vague.

15h30 : largage du ravitaillement en vivres et munitions sur la ZS Ouest.

15h30 à 17h00 : Installation du Bataillon.

  • 1ère Compagnie : Point d’appui (PA) de la Citadelle
  • CB1 : PA au pont Ouest
  • 3ème Compagnie : PA au pont Est
  • 1 section de la 1ère Compagnie : côte 263, à l’oOuest de la ville.

Bilan de la journée :

Pertes amies :

Tués dans l’accident au sol du JU 52

  • Le Chef de Bataillon Lambert des TFIN
  • Le Commandant Viot commandantle groupe de transport
  • Le Sous- Lieutenant Floch, pilote le sous-lieutenant mécanicien
  • L’adjudant Chirouze, mécanicien,
  • L’Adjudant-Chef Finidori, 4ème Compagnie,largueur
  • Le Caporal-Chef Cillard 4ème Compagnie, aide largueur
  • Le Sergent Barbaud de la 2ème Compagnie
  • Le Sergent Boucher de la 2ème Compagnie
  • Le Chasseur Bousquet de la 2ème Compagnie
  • Le Chasseur de 1ère classe Jolly de la 2ème Compagnie

Disparus, présumés morts :

  • L’aspirant Barbier, radio
  • Le Chasseur de 1ère classe Eberhard de la 2ème Compagnie
  • Le Chasseur Etitzcheid de la 2ème Compagnie

Tués en arrivant au sol (accident technique) :

  • Caporal partisan Mao Cai

Disparu :

  • Le Caporal Pernet-Mugnier de la CB1

Accidentés à l’atterrissage :

  • 8 paras (fractures ou contusions graves)

Blessé par l’ennemi :

  • Le Caporal-Chef Chevalier 2ème Compagnie

Blessés brulés dans le largage de l’avion accidenté :

  • Le lieutenant Rocolle 2ème compagnie,
  • Le Sergent-Chef Ancel de la 2ème Compagnie,
  • Le Caporal Batifoulier de la 2ème Compagnie.
  • Les Chasseurs Meunier, Couillard, Rostaing, Bernard, Lechner, Clerjean .

Pertes ennemies

  • 90 tués dénombrés sans compter ceux occasionnés par le « straffing »
  • Matériel récupéré : armement, munitions, 1 poste radio, 1 central téléphonique, 3 Véhicules légers et 5 camions.

Ordre de Bataille du groupement « de Vismes »

Extrait du JMO de la DBMP

CHO DON

A midi, le détachement THOMAS venant de Bac Kan arrive à Ban Pih et fait sa liaison avec les éléments des 9ème et 12ème compagnies sous les ordres du Cdt FOSSEY. Ce détachement vient de disperser un groupe de rebelles et a fait 2 tués VM.

L’affaire de Cho Don s’est bien terminée. L’adversaire a été complétement surpris par la rapidité de notre action. Témoin, un Chasseur de la 9èmr Compagnie qui arrivant en parachute sur le dos d’un VM, l’étourdit sous le choc et abat à la mitraillette un autre VM qui s ‘enfuyait à toutes jambes. Les cadavres ennemis sont restés sur le terrain. Un lot de munitions d’artillerie a été récupéré. Les documents saisis indiquent qu’un PC de bataillon était installé à cet endroit. Les pertes amies sont nulles

CHO MOI

Exécution de la mission « liaison Nord » concernant l’ouverture de la route Cho Moï – Bac Kan.

Moyens :

  • Un groupement de marche composé d’éléments du PC détachement et de la 11ème Compagnie en entier. L’ensemble aux ordres du Capitaine GUIARD.

Durée prévue : 36 heures

  • 06h15 :la section COURRIER part éclairer la route au gros de la colonne
  • 06h30 : Départ du gros du groupement de marche

Déroulement

La section COURRIER reçoit des coups de feu dès le passage du ponceau situé à 1,5 km de Cho Moï. Elle riposte et s’engage sur la route rectiligne et en remblai qui conduit à Ban Thin, de part et d’autre, la rizière. Le Song Cau à 200m à droite, la montagne très boisée à 150m à gauche. La section fait 500 mètres.

La section COURRIER reçoit des coups de feu dès le passage du ponceau situé à 1,5 km de Cho Moï. Elle riposte et s’engage sur la route rectiligne et en remblai qui conduit à Ban Thin, de part et d’autre, la rizière. Le Song Cau à 200m à droite, la montagne très boisée à 150m à gauche. La section fait 500 mètres et une embuscade se dévoile. Des snipers cachés dans les arbres dirigent un feu terriblement précis sur les éléments de tête. De face, des armes automatiques camouflées dans les rochers prennent la route d’enfilade, les défilements sont nuls. Les 3 FM de la section arrosent les lisières sans résultat. Il y a chez nous en quelques instants 6 blessés. Un agent de transmissions est mortellement atteint.

Les deux pièces de mortier de 60mm sont touchées par des balles, le feu continue toujours ajusté du côté VM. La section du sous-Lieutenant BERTRAND amorce quand même un débordement par la droite. Elle est clouée au sol au bout de 150m par des armes automatiques tirant de Ban Tinh. Le Sous-Lieutenant BERTRAND commandant sa section debout sous le feu est tué de 4 balles dans le corps. Le sergent CAZAMAREC est également tué ; 8 hommes sont blessés.

A 09h15, le Catalina survole la colonne.

A 09h30, la situation devient grave, les éléments de tête décimés sont cloués au sol. Le capitaine GUIARD donne l’ordre de repli et, pour le protéger, fait venir de Cho Moï une pièce de 81 mm. La section BILLAERT qui a amorcé sur la gauche un débordement a aussitôt un tué et est également clouée au sol. Des obus de 81 fumigènes protègent efficacement l’évacuation des morts et des blessés est assurée par le père JEGO et un groupe de la 10ème Compagnie.

Cependant, ce repli coûte encore 2 tués dont le Sergent Pierre DESMONS, et 4 blessés. A l’extrême pointe, le Sent SCOLA a groupé ce qui reste des sections COURRIER et BERTRAND et continue le combat. Le caporal MALRIC blessé légèrement au début de l’action, debout à 80 mètres des lisières arrose sérieusement l’ennemi, son FM à la hanche.

Pendant ce temps, la 10ème Compagnie aménage rapidement un terrain de Morane pour l’évacuation des blessés.

Le Capitaine GUIARD rend compte au Lieutenant-Colonel SAUVAGNAC de la situation et annonce le retour de la colonne à Cho Moï. Mais les transmissions sont défectueuses et le message ne pourra être passé que vers 14h00. Dans la soirée, le Colonel annonce l’arrivée d’une compagnie du bataillon de Choc (Compagnie PAINTAULT) qui restera à Cho Moï.

Bilan des combats de Cho Moï, la 11e compagnie du III/1er RCP dénombra 10 tués:
BERTRAND Ferdinand sous-lieutenant
COURRIER Gabriel adjudant-chef
CAZAHAREC Edmond sergent
DESMONS Pierre sergent
DESMOULINS 1ère classe
BONNEAU Joseph parachutiste
CHAREILLE Jean parachutiste
PATAT Louis parachutiste
PIOCH Marius parachutiste
TOFOLO René parachutiste

et 15 blessés dont:
MARCOUX Pierre parachutiste décédé en cours d’évacuation

Nuit du 9 au 10 octobre 1947

Détachement THOMAS : la nuit est passée à Bam Peï avec la Compagnie GENESTOUT

Bac Kan : RAS

Cho Don : RAS

Cho Moï : Essais d’infiltration VM. Le Chasseur MORIZE de la 10ème Compagnie se blesse accidentellement avec son arme.

Cao Bang : Les postes des ponts sont testés : quelques coups de feu.

10 octobre 1947

Détachement THOMAS : départ à 4h de Ban Peï sur Cho Don qui est atteint à 11h30 : Le détachement « C »est regroupé.

BAC KAN

La Compagnie GENESTOUT partie de Ban Peï à 04h00 arrive à Bac Kan à 11h00 :1 VM tué, 1 VM blessé

La liaison est effectuée avec Cho Moï à 16h00 à 4km au Nord de cette ville. Etant donné la situation, le détachement PAINTAULT reste pour le moment à Cho Moï. Il signale un tué : le Sergent-Chef PICAUDIE du 1er BPC. Le commandant MAYER se rend le matin de Bac Kan à Cho Moï en Morane.

La défense de O2 (BacKan)est organisée. Réorganisation administrative de la ville.

Le Groupement BEAUFRE est signalé à 8 km, franchissant le Song Ky Kong. Le Colonel BEAUFRE peut atteindre Bac Kan le 12octobre.

Bilan de la journée :

  • Pertes VM :2 tués (dont le speaker de la radio VM)
  • Matériel détruit : 5 bombes d’avion, 6 caisses d’obus de mortier, 12 tonnes de munitions, 10 caisses de grenades, 3 tonnes de paddy, 1 imprimerie.
  • Matériel récupéré : 1tonne de riz, 1groupe électrogène etc… 2 millions de piastres Ho Chi Minh.

CHO MOÏ

Nouvelle tentative de sortie vers Bac Kan pour aller tendre la main à la compagnie du Choc qui descend vers Cho Moï

Effectif : 2 sections de la 10ème Compagnie, 2 mortiers de 60mm aux ordres du Lieutenant VAILLY

Une section essaye en vain de passer par la montagne dominant la route à l’Ouest. La végétation étant trop dense, elle doit y renoncer et revient à Cho Moï. Avec un groupe de renfort et cette section, le Lieutenant VAILLY décide de traverser le Song Cau pour tourner Ban Tinh par le Nord-Est. La seconde section, chargée de tâter par la route la résistance qui la veille avait interdit le passage de la 11ème compagnie est accrochée au même endroit. Le Sergent FELGER de la 10ème Compagnie est blessé par balle au bras. Mais la manœuvre d’encerclement réussit et l’ennemi évacue en hâte Ban Tinh et les pentes environnantes. La chasse est intervenue avec succès.

La 10ème Compagnie s’installe en bouchon au goulet de Ban Thin ses hommes étant épuisés. Une section de la 10ème Compagnie qui était en réserve est envoyée à 1 km au-delà de Ban Thin où elle prend liaison à 16h00 avec le détachement PAINTAULT venant de Bac Kan. Le retour à Cho Moï s’effectue sans incident. 33 tonnes de munitions détruites par le détachement PAINTAULT.

CAO BANG

Ramassage du matériel parachuté de la veille et des parachutes. Le matin, nous nous heurtons a des rebelles armés d’armes automatiques.

Reconnaissance de la 1ère Compagnie ayant pour but de retrouver les restes de l’avion abattu la veille. L’avion est enfin repéré en 253 158 Les corps sont identifiés, mais ne peuvent pas être ramené le jour même en raison de l’heure tardive et du manque de porteurs.

Bilan de la journée :

  • Pertes amies :Caporal-Chef SALOMON Pierre tué par l’explosion d’une mine dans une maison.
  • Pertes VM : 25tués (dont 15 aux abords de la zone de saut Ouest. Armement et munitions récupérés

NUIT DU 10 AU 11 OCTOBRE 1947

Bac Kan : RAS

Cho Don : RAS

Cho Moï : un prisonnier VM

11 OCTOBRE 1947

Toute nos activités sont orientées vers le nettoyage de O1 (Bac Kan), O2(Cho Moï) etO3 (Cho Don)

BAC KAN

  • Reconnaissance de la vallée du Song Cau et retour la RC 3 (Détachement BOURDEAUX),
  • Reconnaissance de la vallée du Koui Looï sur 8 km.

Les deux sorties connaissent quelques accrochages

CHO DON

Le réduit de Cho Don se compose essentiellement de 3 points :

  • La 9ème Compagnie sur un piton commandant le débouché de la Vallée,
  • Une section de la 12ème Compagnie tient 2 pitons épaulant les positions de la 9ème Compagnie,
  • Les éléments de commandement et le gros de la 12ème Compagnie sont installés dans le village même.

Activité de la journée :

  • Reconnaissance de la vallée 12km au Nord.

CHO MOÏ

  • Reconnaissance de la 10èmeCompagnie sur la RC 3en direction de Thaî N’Guyen : quelques guetteurs sont mis en fuite.
  • Reconnaissance de la 11ème Compagnie jusqu’à Du Chu, 7km au Sud Est de Cho Moï : quelques coups de feu.

Bilan pour O1, O2, et O3

  • Armement saisi,
  • 5 VM tués,
  • Matériel détruit : 3 tonnes de munitions, 30 tonnes d’explosif, 4 tonnes de grenades, 1 fabrique de grenades
  • Dépôts repérés : 20 tonnes de paddy, 2 tonnes de cuir et 3 tonnes de laine grège.

Situation du groupement Beaufre : à Dong Khé.

CAO BANG

Opération de la 1ère Compagnie renforcée pour récupérer les corps des victimes du Junker abattu. Aucune résistance n’est rencontrée. Les corps sont ramenés à Cao Bang et inhumés à 17h00.

NUIT DU 11 AU 12 OCTOBRE 1947

Bac Kan : quelques coups de feu. Le Capitaine BOFFY décide de transformer le PC du Colonel en blockhaus.

Cho Don , Cho Moï, Cao Bang : RAS

12 OCTOBRE 1947

Journée calme dans l’ensemble à O1, O2 et O3. Les reconnaissances lancées dans les vallées se heurtent à des éléments VM désespérés.

BAC KAN

La recherche des dépôts se poursuit : 400 litres d’essence sont découverts et 3 tonnes de grenades sont détruites

CHO DON

Poursuite des travaux de défense. Un système d’organisations enterrées entoure le village. Nettoyage des abords

CHO MOÏ

Reconnaissance à 8km de Cho Moï sur la RC 3 par la Compagnie Paintault du bataillon de Choc, appuyée par la 10ème Compagnie. En remontant la rive Est du Song Cau, celle-ci découvre un atelier en cours de déménagement et se heurte à quelques VM, accrochage léger. L’atelier est détruit

Matériel récupéré : 400 litres d’essence, 300 lampes radio, un moteur Bernard, 100 kg d’outillage, 300 kg d’appareils de précision radio.

CAO BANG

La journée est utilisée à l’exécution de la 3ème partie de la mission du Bataillon. Un détachement sous les ordres du Capitaine Bréchignac opère à l’Ouest de Cao Bang La 1ère Compagnie se porte au-devant des éléments du groupement « B » avec les quels la jonction doit être faite aujourd’hui.

Opération Bréchignac :

 Effectif : 3 sections de la CCB1, 1section de la 3ème Compagnie, 1 section de la 2ème Compagnie.

Progression sans incident. L’objectif (carrefour à proximité du terrain d’aviation) est défendu par une mitrailleuse, 1 Fusil-Mitrailleur et une centaine de « réguliers VM ». Manœuvre de débordement :

Pertes amies : Néant

Pertes VM : 10 tués dénombrés, 5 fusils récupérés ainsi que des munitions et des grenades. L’ennemi se replie vers l’Ouest et vers N’Guyen Binh. Tir de 81mm sur le village se trouvant à 1 km au sud du carrefour.

Opération 1ère Compagnie :

Elle s’effectue sans incident. La liaison avec le Groupement « B » est effectuée à 16h00.

13 OCTOBRE 1947

BAC KAN

Une colonne sous les ordres du capitaine VERHONET part à la recherche des deux parachutistes disparus lors du saut. Un guetteur VM est abattu ; un léger accrochage laisse 2 VM sur le terrain dont un sous-lieutenant : 2 fusils sont récupérés. Retour sans incident à Bac Kan après avoir suivi l’itinéraire Phoc To, Kouei Mai, côte 531, Hong Thul, Nya Keu, Than Vau, Nka Rei, côte 800.

La section de défense du PC (LTN SUZANNE°) parcourt la RC 4 en direction de Cao Bang. Les camps VM sont détruit, un dépôt de munitions est anéanti, 2 VM sont arrêtés. L’Adjudant FIXARY se blesse grièvement avec sa mitraillette.

CHO MOÏ

1er Bataillon de Choc

07h00 : Départ de la Compagnie PAINTAULT en reconnaissance sur la rive gauche du Song Cho Chu (villages de de Thi Hot, Ban Luong, Cuoc Han). Prise des 2 premiers villages sans difficultés. Deux VM sont tués : 2fusils, des grenades, du plastic, des poignards et des munitions sont récupérés.

09h00 : Attaque de Cuoc Han, sérieux accrochage. Les VM disposent d’un FM et de nombreux fusils. Le Sergent JUMEAU est grièvement blessé. Le village est pris et les munitions, grenades, explosifs qui s’y trouvent sont détruits. Le Chasseur GABORIAUX est blessé.

10ème Compagnie

06h30 : Une reconnaissance de la 10ème Compagnie est poussée à l’Est en remontant la vallée du Song Nui La. A 1 km à l’Est de Ban Tinh, découverte et destruction de bombes d’avion piégées. Passant par la montagne, la Compagnie atteint Khon Beng. Léger accrochage, l’ennemi fuit. 800 m à l’Est un important dépôt de munitions et de matériel est découvert et détruit. Il contenait : 45 grenades, 48 mines japonaises, 45 kg d’explosif, 14 obus de 81mm, 60 kg de poudre noire, 180 détonateurs, 200 kg de poudre, 15kg de mélinite, des bonbonnes d’acide, de l’essence, de l’huile, des pneus, du fil électrique etc. …

Dans l’après-midi, une patrouille de la 10ème Compagnie découvre sur la rive droite du Song Cho Chu 1600 corps de grenade FI et 10 500 cartouches de 8mm de fabrication locale.

CHO DON

03h00 : Départ vers l’Ouest d’un détachement composé de 4 sections, d’ine pièce de 81mm et d’un mortier de 60mm aux ordres du Capitaine THOMAS ( Mission : reconnaitre la première portion de l’axe Cho Don Ban Thi).

La reconnaissance rentre dans l’après-midi. Elle signale une zone très étendue couverte de piquets anti-parachutistes aux environs de Na Pieng. Aucune résistance, les habitants ont fui.

CAO BANG

Tout le Bataillon participe à une série d’opération destinées à couper la route aux éléments VM se repliant de Cao Bang. La journée du 13 est occupée à la mise en pace du dispositif. Détachement BASTOUIL et BRECHIGNAC.

NUIT DU 13 AU14 OCTOBRE 1947

RAS à O1, O2 et O3

Des embuscades sont tendues. Aucun résultat

A Cao Bang le détachement BRECHIGNAC tue 12 VM qui se déplaçaient de nuit. Trois fusils sont récupérés. Un camion se dirigeant sur Cao Bang est intercepté.

14 OCTOBRE 1947

BAC KAN

Les capitaines LUQUET (2ème Bureau TFIN) et PEDELMAS qui étaient venus la veille en Morane repartent à Hanoï. L’Adjudant-Chef FIXARY meurt à 10h15 à l’hôpital de Bac Kan.

CHO MOÏ

07h15 : Départ de la Compagnie PAINTAULT pour Bac Kan par la RC 3. La 10ème Compagnie (Lieutenant VAILLY) l’appuiera jusqu’au km10.

08h00 : Premier accrochage à 6 km de Cho Moï à la sortie d’une gorge.

09h00 : Accrochage très sérieux de la compagnie du Choc au passage d’une corniche, pluie de grenades et tirs d’armes automatiques camouflées sur la rive gauche du Song Cau. Intervention des mortiers, la colonne doit passer cette corniche par bonds successifs. Le Chasseur Martin est blessé par balle, le sergent-Chef SAULT par un éclat. Un brancard en bambou est construit pour Martin.

10h00 : Nouvel accrochage à 7 km de Cho Moï. Un grand nombre d’arbres ont été abattus, l’ennemi est embusqué derrière. Tir de mortier et de lance-grenades. Appui de la chasse.

10h00 : La 10ème Compagnie qui appuie la Compagnie du Choc est prise à partie par des tirs d’armes automatiques au passage de la corniche. Le Chasseur MANG… , infirmier de la Compagnie est grièvement blessé par balle. Il est ramené sous un feu d’enfer par le Père JEGO qui fait preuve d’un courage exceptionnel. La mission accomplis, la 10ème Compagnie rejoint Cho Moï qu’elle atteint à 14h00

16h30 : Nouvel accrochage pour la compagnie du Bataillon de Choc à 18 km de Cho Moï. Les Chasseurs DUCROCQ et LEFEVRE sont blessés par éclats de grenade.

CHO DON

Fouille des hauteurs environnantes : quelques guetteurs sont mis en fuite. Des cachettes sont découvertes.

20h00 : Une forte section de la 12ème Compagnie part en direction de Dong Vien pour y tendre une embuscade

La radio annonce laprise de Tuyen Quang

CAO BANG

Les éléments BRECHIGNAC patrouillent dans la montagne. Le détachement BASTOUIL installe un premier poste sur la route de Chine au Nord de Cao Bang, dans la région de Ban Giam.

15 OCTOBRE 1947

BAC KAN

Visite du Général SALAN commandant les TFIN et du Général BODET. Le Colonel SAUVAGNAC remet au Général SALAN environ 3kg d’or saisis par le Bataillon de Choc.

Le détachement PAINTAULT rejoint Bac Kan dans la journée.

CHO DON

01h15 : Retour de l’embuscade tendue par la 12ème Compagnie. Elle a été fructueuse. La surprise a été totale pour l’adversaire qui a eu 7 tués dont un commissaire politique. Un fusil Remington de 8mm a été récupéré.

CHO MOÏ

RAS. Le Chasseur MANIERE blessé évacué par Morane.

CAO BANG

Le détachement BRECHIGNAC visite les villages de Co Vu et de Bao Xang. Les VM ont 15 tués ; 4 fusils sont récupérés ainsi qu’un camion chargé de ravitaillement et de documents. Le Sergent COFTIER de la 3ème compagnie et le Sergent INCHAPSE du Bataillon ont été blessés. Les 2 détachements rejoignent Cao Bang dans la nuit du 15 au 16. Le détachement BRECHIGNAC est entré en camion, le détachement BASTOUIL fait à pied le chemin retour.