JMO 1ère Cie du 1er RCP – Jeudi 21 Août 1947

Pour consulter la carte au 1:250 000 de la zone d’opération, cliquer ici

Di Su (Section de Commandement et 3ème Peloton)

Journée :

  • 06h30 à 09h30 : Patrouille d’ouverture de la route : RAS.
  • Liaison à Mau Luong : RAS.

Nuit :

  • RAS.

Mau Luong (1er Peloton + Mortiers)

Journée :

  • 06h30 à 09h00 : Patrouille d’ouverture de la voie ferrée : RAS.

Nuit :

  • RAS.

Ke Sat (2ème Peloton)

Journée:

  • RAS.

Nuit :

  • RAS.

Témoignage

Extrait de la lettre écrite le 21 août 1947 par le Lieutenant Paul Blanc (adjoint au commandant de la 1ère compagnie) à sa femme.

 » Le 21 août 1947

Ma Chérie,

Je viens de me lever, je suis déjà lavé, rasé, j’ai un bol de café à coté de moi, et je viens près de toi. Il est 06h45 et il pleut, il pleut comme vache qui pisse, il a d’ailleurs plu toute la nuit.

Hier soir, tard, on m’a apporté ta lettre 89. Tu te bernes ma Chérir, Monsieur Bollaert* est venu puis il est reparti. En France on ne sait pas ce qu’on veut et Ho Chi Minh le sait et c’est pour cela que ça traîne en longueur. Si on avait su ce que l’on voulait, la guerre serait finie maintenant. Les opérations, elles-mêmes bien souvent dictées par les pouvoirs civils, étaient à usage politique. A la dernière saison sèche, les opérations qui auraient pu être décisives et auraient pu nous mener par la route en quelques heures dans les centres gouvernementaux du Viet-Minh étaient arrêtées, on ne sait pas pourquoi en cours d’exécution; De même pour les opérations parachutées. A Hoa-Binh, nous devions prendre Ho chi Minh et sa clique, on nous parachute quand ils sont déjà partis, à Phu To, idem, on nous parachute 48heures après leur départ. Et voilà tout à l’avenant, évidemment l’opération d’Hoa Binh avait une autre mission de jonction très importante qui a été accompli. Mais Phu To ?

Évidemment, les Indochinois et les Vietnamiens, c’est le nom à la mode, je ne parle pas du peuple que le Viet-Minh faisait marcher et qui finalement s’en accommodait parce qu’il est passif, mais des gens instruits qui n’étaient pas du parti ou qui l’étaient de force, filaient doux et cela ne leur plaisait pas toujours… pas plus qu’aux petits paysans, le communisme ne leur plaisait pas et pour eux, la France est venue à point. Mais le pays contrôlé par le Viet-Minh est encore très vaste et nous n’avons pas les effectifs suffisants pour les occuper. Les opérations que nous faisons ne peuvent être que des opérations de va-et-vient . Le paysan qui finit par savoir que nous ne sommes pas des « gus » , nous voient arriver avec soulagement, mais nous repartons et le Viet-Minh remet la main sur le pays. Pour que la Paix soit signée, il faudrait que Ho Chi Minh comprenne que la guerre est sans issue pour lui, et elle l’est en effet, et qu’il ne fera que ruiner le pays. Mais Ho Chi Minh espère . Il espère que les communistes français interviennent pour lui; c’est la raison pour laquelle ces messieurs sont indirectement responsables de ceux qui tombent ici.

Tu parles du Colonel. Le colonel a de grandes idées qui ne correspondent pas à la réalité. Le Colonel est un monsieur qui après un bon repas, assis dans un fauteuil du Club d’Hanoï, décide de commander par radio une patrouille de 10 hommes pour qu’elle renforce à tel endroit qui n’a d’ailleurs aucunement besoin de renforts. Le colonel est un monsieur qui ne peut pas sentir le 1er Bataillon parce que le Commandant de Vismes n’est pas de son avis. Le Colonel est une cloche ! Et comme un jour qu’il me disait de déplacer un poste et que je lui rappelais que la mission principale de la compagnie ne pouvait pas s’accommoder de ce déplacement, il s’est mis à gueuler et il a ensuite dit à Laupies : « qu’il est maladroit ce garçon là ! »

C’est bien ça, je suis maladroit dans ma manière de courtiser le Colonel, c’est ce qu’il voulait dire. Il oublie simplement que courtiser le Colonel n’est pas le but de tous les officiers. Donc ne compte pas sur les roses. A l’État-Major du Régiment, on a insinué que 2 citations en si peu de temps, c’était trop…

(…)

Je te laisse mon adorée. Embrasse tout le monde à la maison, embrasse bien fort les petits. Toi reçois mes plus doux baisers. Je t’adore, je suis fou de toi.

Ton Paul « 

*

Avec l’aimable autorisation de William Blanc, petit -fils du Lieutenant Paul Blanc

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