JMO 1ère Cie du 1er RCP – Jeudi 28 Août 1947

Pour consulter la carte au 1:250 000 de la zone d’opération, cliquer ici

Di Su (Section de Commandement et 3ème Peloton)

Journée :

  • 06h30 à 09h30 : Patrouille d’ouverture de la route jusqu’à Chy Ké : RAS.
  • 2 liaisons à Ké Sat pour ramener le personnel de l’embuscade : Compte-rendu : la bataille continue à Ké Sat. Deux partisans ont réussi à s’échapper et ont dit que les partisans étaient au bout de leurs munitions; toute la mission catholique est en flammes. Un partisan a été tué et quatre ont été blessés.

Une attaque est montée contre Ké Sat:

  1. Moyens :
    • 10ème Compagnie du 3ème Bataillon arrivée de Ban Yen Nham pour une opération sur la route de Hung Yen,
    • 2ème et 3ème Peloton de la 1ère Compagnie renforcé de la section de défense de la Compagnie de Bataillon n°1 ( CB1), aux ordres de Lieutenant Laupies,
    • 1 mortier de 81mm de la CB1.
  2. Appuis
    • Appui de l’aviation : Préparation à partir de 15h00
  3. Déroulement :
    • L’attaque débute à 15h30. La 1ère compagnie dans l’ordre 2ème et 3ème Peloton suivi par la sections de défense de la CB1 entament leur progression par rue principale de la ville. La 10ème Compagnie devait déborder à gauche, mais sont débordement ne fut pas assez large : il aurait du passer par le carrefour de Trang Liet et il aurait permis de couper la retraite à une partie des troupes Viet-minh.
    • La 10ème compagnie n’eut pas de difficultés à atteindre l’église. Par contre contre la 1ère Compagnie se heurta a une très forte résistance ( 2 Fusils Mitrailleurs (FM) et une mitrailleuse plus lointaine. La rue étaient intenables et les maisons furent utilisées au maximum pour progresser
    • A 16h00, le Viet-Minh avait été délogé de la partie Nord de Ké Sat. Mais les derniers 50 mètres, au moment où le groupe de tête allait s’élancer sur la porte d’entrée de la partie centrale de la ville, ont couté à la 1ère Compagnie, 3 blessés par balle de FM : Jacopin puis le Sous-Lieutenant Baudin ( rotule éclatée) et enfin Micossi, tous du 2ème peloton. Le 2ème Peloton reçoit alors l’ordre de rejoindre la 10ème compagnie et de se rabattre avec elle sur la porte. Entre temps, le Viet-Minh, violemment pris à parti au FM et au lance-grenade ( LG) décroche, d’autant plus facilement que l’arrivée de la 10ème Compagnie à l’église menaçait ses arrières.
    • Les 3 blessés du 2ème Peloton et les partisans mentionnés précédemment ( 1 tué et 4 blessés) sont les pertes globales de l’affaire de Ké Sat.
    • A 17h30, le 3ème Peloton mis sous les ordres du Lieutenant Blanc, reçoit pour mission d’installer un poste définitif à la cathédrale de Ké Sat.

Nuit :

  • RAS

Mau Luong (1er Peloton + Mortiers)

Journée :

  • 06h30 à 09h00 : Patrouille d’ouverture de la voie ferrée : RAS.

Nuit :

  • RAS.

Ke Sat (2ème Peloton)

Journée:

  • Voir ci-dessus le déroulement des opération de la journée

Nuit :

  • RAS

Témoignage

Occupé par le montage du poste à Ké Sat,le Lieutenant Blanc n’écrit à sa femme que le 2 septembre 1947. Voici quelques extraits de cette lettre :

« Ma Chérie,

Cette fois ci, tu peux dire que je t’ai laissée tomber, plusieurs jours sans t’écrire ; tu dois dire, ou bien mon mari est mort, ou bien il a oublié qu’il était marié… Rien de tout cela mon adorée et ton mari est toujours bien portant quoique un peu peu fatigué, et il t’aime toujours avec ferveur. Seulement voilà, il a changé de place et il est en plein travail à installer un nouveau poste et ce n’est pas rien. Dans ma dernière lettre, je t’annonçais une opération que je devais faire avec de trop faibles effectifs et que j’appréhendais. La réalité m’a donné raison car en fait l’opération a été montée avec des effectifs suffisants et ça n’a pas été facile. Enfin, on les a eu quand même.

Puisque c’est passé maintenant je peux te dire qu’i s’agissait de la reprise de la petite ville de Ké Sat par les français. La radio du Viet-Minh l’a d’ailleurs annoncé : » La ville de Ké Sat occupée un jour et une nuit par nos vaillantes troupes a subi l’assaut des troupes françaises supérieures en nombre etc… etc… ». La vérité est que la ville de Ké sat avait été ralliée par moi, car c’était un de mes secteurs, j’y avais armés de fusils 20 partisans annamites. Retranchés dans la cathédrale avec la population, ces partisans avaient été encerclés et attaqués par un bataillon Viet-Minh. Nous sommes arrivés pour les délivrer où les partisans, à bout de munitions, allaient se faire couper le cou. La 1ère compagnie, comme de juste, attaquait dans la rue principale, Laupies et mon ordonnance (le Chasseur Bon) gênés par leurs anciennes blessures n’arrivaient plus à suivre. En tous cas, une bataille de rue n’est pas marrante, nos mortiers, nos lance-grenades et nos FM donnaient tout ce qu’ils pouvaient, mais il y avait là une mitrailleuse et 2 FM Viet-Minh qui n’avaient pas l’air de vouloir se laisser faire : on montrait seulement le petit doigt et une rafale venait frapper le mur en claquant aux oreilles. Les derniers 50 mètres nous ont coûté 3 blessés dont le Sous-Lieutenant Baudoin chargé de la section de tête, de la 1ère Compagnie lui aussi. Mais on les a eu…

Encore une fois, je suis resté bouche bée devant ma chance et un sergent me disait que j’avais une sacré « baraka » depuis le temps qu’elle durait. En effets, les 2 derniers blessés, un chasseur et Baudin l’ont aussi été près de moi, mieux que ça : comme nous nous apprêtions à sortir d’une maison pour foncer vers un porche, j’avais la main sur l’épaule du chasseur qui était à ma gauche, Baudin était derrière moi et regardait par dessus mon épaule. J’avais derrière moi et à ma gauche un autre chasseur. Une petite rafale de FM et le premier chasseur s’effondre. Je le tire à l’abri et je vois Baudin avec un trou énorme dans le genou, la rotule éclatée et réduite à 3 débris d’os. Une balle était passée entre le premier blessé et moi, avait ricoché sur la mitraillette du second chasseur et était aller blesser Baudin pourtant placé contre moi. Mon short était éclaboussé de sang, mon bras et mon fusil idem. Tu vois que tu ne risques rien mon amour, ton mati est bien protégé. La pauvre Baudin, lui est estropié à vie, jambe raide. Il sera certainement rapatrié et il se mariera en rentrant, il est depuis longtemps fiancé.

Quant à moi, je suis resté à Ké Sat avec une section et comme je n’ai pas envie de me faire couper le cou et autre chose aussi, je te garantis qu’on en met un coup et que notre cathédrale est maintenant une forteresse. On commence un peu à respirer maintenant.

(…)

Avec l’aimable autorisation de William Blanc, petit-fils du Lieutenant Blanc

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