7 octobre 1947, raid aéroporté sur Bac Kan

Source : JMO de la DBMP

Détachement « A » aux ordres du Lieutenant-Colonel Sauvagnac

Bataillon de Choc (800 hommes), section du génie et PC de la DBMP( 100 hommes)

  • Le parachutage s’effectue dans l’ordre suivant :
  • Les 2 premiers avions se dirigent vers la zone de saut N° 2. Mission : s’emparer du pont
  • Le 3ième avion est destiné à la zone de saut n°3. Mission : établir un bouchon au sud de Bac Kan sur la route de Thaï N’Guyen.
  • Les 16 autres avions sont divisés en 3 sections (une section de 6 JU52 et 2 sections de 5 Dakotas). Les 2ème et 3ème section arriveront sur la zone de saut N°1 avec un décalage de 5 minutes afin de permettre à la précédente de faire ses deux passages.

La 1ère vague (19 avions) est larguée à partir de 08h15. Le largage s’effectue normalement sur les zones de saut prévues, après un « bombing » et un « straffing » préalable de la chasse. Les zones de saut sont courtes et étroites, coupées et bordées de massifs abruptes et boisés et semées de piquets anti-parachutistes.

Dès leur sortie de l’avion, les parachutistes sont accueillis par de nombreux coups de feu, venant des bordures de la zone de saut. Un bataillon Viet-Minh (VM), terré dans ses emplacements de combat les attend. L’arrivée au sol est brutale pour certain, humide pour beaucoup. Malgré les difficultés liées au terrain et l’action des rebelles, le regroupement s’effectue rapidement. Cependant, quelques tireurs VM tentent de s’attaquer aux hommes avant que ceux-ci puissent faire usage de leurs armes. Le Sergent ARGUSSOL de la 1ère Compagnie du Bataillon de Choc est blessé. Quelques hommes sont touchés. Chaque groupe de combat connait sa mission et fonce sur son objectif, sans perdre un instant. Le regroupement complet se fera sur l’objectif. Le PC du bataillon est installé dans une paillote, ainsi que le poste de secours. Les blessés y sont transportés. Déjà le « 284 est installé et prend liaison avec le Catalina qui sert de PC à la chasse.

Un commandant de compagnie VM est tué à quelques centaines de mètres de là, alors qu’il montait à cheval sur la route de Cho Don.

A 08h45, la section GRENET occupe le pont enjambant le Song Cau au Nord de la ville. Le nettoyage des zones de saut et de leurs abords se poursuit, tandis que 2 compagnies attaquent la ville. La débandade Viet-Minh est générale, les fuyards tirent sur nous des coups de feu mal ajustés.

Des obus de mortier sont tirés sur les croupes boisées au Nord de la zone de saut d’où partent les coups de feu.

A 9h30, la 1ère compagnie a pris possession du poste TSF, de l’hôpital et de la Résidence. L’usine électrique est occupée. De nombreux éléments VM parviennent à franchir le SongCau à gué entre la 1ère et la 3ème compagnie

A 9h45 : léger accrochage de la 4ème Compagnie au Tribunal.

Le plan de défense de la ville de Bac Kan révèle que le VM avait prévu le largage massif de parachutistes sur le terrain d’aviation et les régions environnantes : toutes leurs armes automatiques sont axées dans cette direction. Leur repli est prévu par les collines au Sud-Ouest de la ville. Les zones de saut choisies ont permis de prendre à revers le dispositif de défense adverse. D’autre part, l’itinéraire de repli a été immédiatement coupé par la zone de saut n° 1. La population, les services administratifs, les documents et une bonne partie du matériel n’ont pu être évacués et la destruction de la ville par le VM n’a pas pu avoir lieu.

A 10h45 : arrivée des éléments de la2ème vague sur la zone de saut n°1 (15 avions) et sur la zone de saut n°2 (4 avions. Des coups de feu les accueillent encore des parachutistes sur la zone de saut n°1. Nous avons un tué – le Caporal-Chef Fleury – et deux blessés durant la descente.

A 10h50, le largage de la 3ème compagnie sur la DZ Nord et effectué. Cette compagnie déplore la disparition du Sergent Brillou et du Chasseur Coffornil qui ont été largué par erreur au moment du « Debout – accrochez », 5 minutes avant la DZ, avec une gaine contenant un mortier de 60mm et 2 gaines d’obus.

A 11h00, la 3ème compagnie s’est regroupée, pendant que la 4èmee compagnie atteint la maison de Phu.

A 11h10, la section Tanguy pousse vers une maison dominant le terrain d’aviation. Elle doit pour s’y installer déloger un groupe de réguliers VM.

A 12h00, la2ème compagnie s’installe à l’hôpital. La section qui avait atterri en partie au nord de la citadelle essuie des coups de feu.

Des parachutistes isolés ont été pris à partie par la population à coups de poignard, et même àcoups de bambou. Plus de 200VMsont abattus, alors que la conquête de la ville se poursuit.

A 12h15, des éléments de la 4ème compagnie prennent liaison avec le groupe Hentic qui était installé en bouchon à la sortie sud de la ville

A 13h15, le PC de la DBMP est déjà en place à la résidence. Toute la ville est entre nos mains, y compris la Citadelle.

 Le terrain d’aviation situé au Nord Est du pont est nettoyé, une école de cadres VM, installée en bordure est mise en déroute, professeurs et élèves s’enfuient vers le Nord.

La section larguée au Sud de Bac Kan remplit parfaitement sa mission t arrête plusieurs personnalités VM qui tentaient de s’enfuir.

Grace à la rapidité de l’opération, la destruction de la ville a été évitée. La centrale électrique et la poste sont entre nos mains (la liaison téléphonique est même conservée jusqu’au soir avec Cao Bang encore occupée par les rebelles)

Un renseignement important fourni par un indigène signale que le poste émetteur « La voix du Vietnam » a été déménagé quelques jours plus tôt et se trouve actuellement installé à 3 km de Bac Kan, dans des paillotes en bordure de la route de Cho Don. Un détachement y est immédiatement envoyé et découvre effectivement le poste.

Un important dépôt est également signalé sur la route de Cho don, à 3 km de Bac Kan. Le Lieutenant Cathalade y est envoyé avec 2 sections.

A 15h00, le but de l’opération est atteint, journée de deuil pour l’armée VM qui a perdu en quelques heures, 260 tués dénombrés, 115 blessés et 84 suspects arrêtés. Une usine de tissu, une usine d’armement, des groupes électrogènes, du matériel radio, des moteurs, 2000 grenades, des obus de 25 mm, 160 rouleaux de cordon détonant, 260kg de plastic, des milliers de cartouches, des produits pharmaceutiques, 10 litre de mercure et 400tonnes de munitions diverses.

Armement récupéré au combat : 234 fusils, 10 pistolets, 3 mitrailleuses, 2 lance-grenades, 1 mortier de 60, 21 poignards et quelques centaines de grenades.

De notre côté nous déplorons :

  • 2 parachutistes et 1 partisan disparus
  • 1 tué et 4 blessés
  • 5 blessés à l’atterrissage.

Depuis 16 h00, l’antenne chirurgicale, installée à l’hôpital, opère son premier blessé.

Calque provenant du JMO de la DBMP ( photo 1er RCP)

Ordre de Bataille du PC de la DBMP

Ordre de Bataille du 1er Choc pour l’opération Léa

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